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Marché · · 8 min de lecture

Marché des montres d'occasion en 2026 : tendances, prix et ce qui a vraiment changé

Après l'emballement de 2021-2022 et la correction qui a suivi, le marché de l'occasion s'est stabilisé. Ce qui remonte, ce qui stagne, ce qui décote encore : notre lecture des prix 2026, marque par marque.

Le marché des montres d'occasion a connu en cinq ans un cycle complet : envolée spéculative jusqu'au printemps 2022, correction marquée en 2023 et 2024, puis reprise lente à partir de 2025. En 2026, il ne ressemble ni au pic ni au creux. Il est plus sélectif, plus lisible, et il récompense davantage la qualité d'un exemplaire que le simple nom sur le cadran. Voici ce que nos relevés montrent, et ce qu'ils ne permettent pas de conclure.

D'où vient le marché : le pic, la correction, la reprise

Entre 2020 et 2022, la combinaison de liquidités abondantes, de pénurie en boutique et d'un intérêt nouveau pour la montre comme actif a fait grimper les prix de l'occasion bien au-delà des prix publics. Les références sportives en acier de Rolex, Patek Philippe et Audemars Piguet se négociaient alors à deux, trois, parfois cinq fois leur tarif boutique.

La correction a commencé au deuxième trimestre 2022. Elle a été plus brutale sur les références les plus spéculatives : une Daytona acier ou un Nautilus 5711 ont perdu entre 30 et 45 % de leur valeur de marché en dix-huit mois. Les montres « de porter », comme une Datejust ou une Speedmaster, ont beaucoup moins bougé, parce qu'elles n'avaient jamais vraiment été emportées par la vague.

Les indices publics de marché, construits à partir des annonces et des ventes constatées, situent le point bas entre la fin 2024 et le début 2025. Depuis, la tendance est à une hausse modérée, trimestre après trimestre, sans retour à l'euphorie. C'est cohérent avec ce que nous observons : des prix qui remontent doucement sur les références recherchées, et qui restent plats ailleurs.

Les chiffres 2026, modèle par modèle

Le tableau ci-dessous compare, pour quelques modèles de référence, la fourchette observée en 2026 et le niveau du pic de 2022. Il s'agit de montres en bon état, complètes, selon nos relevés auprès de revendeurs certifiés et de ventes entre particuliers en Europe.

Modèle (référence courante)Fourchette observée 2026Écart avec le pic de 2022Tendance sur 12 mois
Rolex Submariner Date 126610LN11 500 – 13 500 €environ – 25 %légère hausse
Rolex Daytona acier 126500LN26 000 – 33 000 €environ – 35 %stable à légère hausse
Rolex Datejust 41 1263007 800 – 9 600 €environ – 15 %stable
Patek Philippe Nautilus 5711/1A-010100 000 – 125 000 €environ – 40 %légère hausse
Audemars Piguet Royal Oak 15510ST38 000 – 46 000 €environ – 35 %stable
Omega Speedmaster Moonwatch 310.30.42.50.01.0014 800 – 5 600 €environ – 10 %stable
Tudor Black Bay 582 900 – 3 600 €environ – 15 %stable

Deux enseignements. D'abord, plus une référence était montée haut, plus elle est redescendue : la correction a surtout effacé la prime spéculative, pas la valeur de fond. Ensuite, le marché 2026 n'est pas uniforme. Le haut de gamme sportif repart doucement, le milieu de gamme stagne, et les montres de marques moins demandées continuent de décoter normalement. Pour une fourchette précise à votre exemplaire, le calcul de cote tient compte de la référence, de l'année, de l'état et des accessoires.

Ce qui tire les prix en 2026

Quatre forces expliquent l'essentiel des mouvements que nous relevons cette année.

  • Les hausses de prix publics. Les grandes maisons ont relevé leurs tarifs chaque année depuis 2022, sous l'effet du coût des métaux précieux, des droits de douane américains sur les produits suisses et du franc fort. Mécaniquement, une montre neuve plus chère soutient la cote de l'occasion récente : l'écart entre neuf et occasion se resserre par le haut.
  • Le cours de l'or. À des niveaux historiques, il a renchéri les montres en or neuves de façon visible. Les références en or d'occasion en profitent, surtout celles dont le prix de revente était déjà proche de la valeur intrinsèque du boîtier.
  • Les programmes d'occasion certifiée. Le CPO des marques et des grands distributeurs installe un prix plancher pour les exemplaires récents, révisés et garantis. Il tire aussi l'ensemble du marché vers plus d'exigence documentaire.
  • La rareté organisée. Les listes d'attente n'ont pas disparu sur les références les plus demandées. Tant qu'une Submariner acier ou un Royal Oak ne s'achète pas librement en boutique, la prime sur le prix public subsiste sur le marché de l'occasion.

À l'inverse, deux freins pèsent : la hausse des taux d'intérêt depuis 2022, qui a rendu la détention de montres « spéculatives » plus coûteuse, et une offre d'occasion plus abondante, alimentée par ceux qui ont acheté au pic et revendent.

Les gagnants et les perdants du moment

Selon nos relevés, la rétention de valeur se concentre sur un petit nombre de modèles. Rolex reste la marque la plus liquide : presque toutes ses références sportives acier se revendent au voisinage ou au-dessus du prix public. Patek Philippe conserve des primes très élevées sur le Nautilus et l'Aquanaut, beaucoup plus modestes sur la Calatrava. Audemars Piguet se résume pour le marché au Royal Oak ; le Code 11.59 décote nettement. Nous détaillons cette comparaison dans Rolex, Patek ou Audemars Piguet : laquelle garde le mieux sa valeur.

Les perdants relatifs sont connus : montres de mode, séries à fort volume de marques moins recherchées, et pièces dont la valeur reposait sur une rareté supposée qui ne s'est pas confirmée. Les éditions limitées ne sont pas une garantie : une série de 2 000 exemplaires d'un modèle courant reste un modèle courant.

Les références arrêtées font exception. Quand une maison retire un modèle, sa cote progresse souvent dans les mois qui suivent, avant de se stabiliser. Nous l'avons vu sur la 5711 en 2021 et sur plusieurs Rolex retirées en 2026, comme le décrit notre article sur les nouveautés Rolex 2026 et les références arrêtées.

Ce que le marché valorise plus qu'avant

La correction a eu un effet durable : les acheteurs sont plus exigeants. Trois critères pèsent plus lourd dans le prix qu'en 2021.

  1. Le [full set](/glossaire/full-set). Boîte, papiers, carte de garantie au bon numéro de série. L'écart entre une montre complète et une montre nue atteint 8 à 15 % selon les modèles, contre quelques points au pic, quand tout se vendait.
  2. L'état d'origine. Un boîtier jamais poli, aux arêtes nettes, se vend nettement mieux qu'un boîtier repris. Un polissage lourd coûte désormais plus cher à la revente que les rayures qu'il efface.
  3. La traçabilité. Factures, historique d'entretien, révision récente chez la marque : la documentation rassure et raccourcit les délais de vente.

Ces trois facteurs se cumulent. Sur une référence à 30 000 €, ils représentent plusieurs milliers d'euros d'écart, ce que nous détaillons dans l'impact du full set sur le prix.

Ce que nos relevés ne disent pas

Une fourchette de marché décrit le passé récent, pas l'avenir. Rien dans les données 2026 ne permet d'affirmer qu'une référence va remonter vers ses niveaux de 2022. La reprise actuelle est réelle mais lente, et elle dépend de facteurs extérieurs à l'horlogerie : taux, cours des métaux, politique commerciale.

Il faut aussi distinguer prix demandé et prix payé. Les annonces affichent ce que les vendeurs espèrent ; les transactions se concluent souvent quelques points plus bas. Nos fourchettes privilégient les prix constatés et les annonces de revendeurs certifiés, mais elles restent des ordres de grandeur.

Enfin, une cote moyenne ne dit rien d'un exemplaire précis. Deux montres de même référence peuvent valoir 20 % d'écart selon leur année, leur état et leurs accessoires.

En résumé

Le marché 2026 est un marché de connaisseurs : moins de spéculation, plus d'attention aux détails. Les grandes références sportives repartent doucement, les montres de porter restent stables, et la qualité d'un exemplaire pèse plus lourd que jamais dans son prix. Si vous envisagez d'acheter ou de vendre, partez d'une donnée plutôt que d'une impression : calculez la cote de votre montre pour obtenir une fourchette fondée sur nos relevés, ou consultez les fiches Rolex Submariner et Patek Philippe Nautilus pour suivre deux baromètres du marché.

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